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L’affolée est heureuse de vous retrouver pour un nouvel opus de sa grande rubrique consacrée aux transports chinois dans tous leurs états, aujourd’hui consacré au train.

Oubliez tout ce que vous savez des TGV bondés et des valises qui trainent à l’entrée des rames, vous êtes loin du compte, dans un train chinois, promiscuité et encombrement sont de rigueur, dans une ambiance ma foi fort sereine et bon enfant.

L’aventure ferroviaire commence dès l’arrivée à la gare, où les voyageurs attendent gaillardement, à l’entrée de la voie dédiée, que l’accès au train soit autorisé. Un peu de malchance peut obliger à un surcroît de patience dans un hall quelque peu surchauffé, si d’aventure le train en question a un peu de retard sur l’horaire prévu, ceci nous ayant permis – du moins à mes enfants chéries – de nous adonner à la coutume locale, et de dormir à même le sol ou sur les valises, en attendant un confort plus propice.

dans l'attente

Je tire des quelques expériences ferroviaires chinoises que j’ai à mon actif quelques constats simples : tout d’abord, que les Chinois ont du mal à voyager léger, chaque trajet étant visiblement l’occasion de ramener à la famille ou aux amis des présents de préférence volumineux. En conséquence de quoi les racks prévus à cet effet se voient rapidement encombrés de mille et uns improbables bagages, du poupon grandeur nature à la batterie de casseroles en passant par les sacs de pommes et les chaines hi-fi.

bienheureuses places assises...

Deuxième constat: quitte à prendre le train, autant en profiter pour se divertir. On ne peut pas dire que l’ambiance des wagons soit particulièrement feutrée, outre les discussions qui vont bon train (c’est le cas de le dire) entre les passagers et les allées et venues quasi incessantes des employés vendant, qui des boissons, qui des fruits, qui des soupes lyophilisées et des cacahuètes, on savoure la motivation cajoleuse de vendeurs qui, démonstration à l’appui, vous propose d’acheter des jouets éducatifs ou des grilles de loto. La circulation est en outre décuplée par celle des passagers ayant acheté des places debout, et qui tentent logiquement leur chance, entre les arrêts, sur les banquettes vides, avant de se faire renvoyer dans le couloir par ceux qui ont investi dans une place assise, jusqu’à la prochaine fois.

... et paisible espérance

Quelques règles sont de rigueur : ne pas cracher, ne pas fumer, notamment, mais là encore, tout est relatif, la tabagie étant admise dans les sas entre chaque wagon, ce qui ne change donc pas grand chose à l’atmosphère ambiante, lesdits sas n’étant pas clos. J’ai d’ailleurs, alors que je m’adonnais à ce répréhensible vice, été prise en pitié par un autre fumeur qui sembla fort affligé de constater que je roulais mes cigarettes, et me fit don d’une de ses « cousues » avec une grande générosité.

En fonction de la durée du trajet, le voyage peut donc sembler pittoresque ou insupportable. J’ai personnellement toujours plutôt favorablement apprécié ceux que j’ai effectués, mais sans doute la présence de mes chères enfants, et de l’engouement qu’elles suscitaient chez les autres passagers, m’a-t-elle forcément rendu l’expérience plus sympathique. Grande amatrice de train je fus déjà en France, y aurait-il cependant une raison légitime pour que je ne le demeurasse pas au pays du milieu ?

Cette semaine s’est avérée fort chargée sur le plan touristique, puisqu’elle m’a donné l’occasion de découvrir, à quelques jours d’intervalle, deux des « incontournables » pékinois, j’ai nommé, à ma gauche le Temple de Confucius (et son Collège Impérial attenant) et à ma droite le Yonghegong (ou Temple des Lamas pour les francophones).

Je te fais grâce des détails historiques, mon cher lecteur, et ce d’autant plus volontiers qu’ils m’échappent encore pour partie à moi aussi. Mais je puis en guise de compensation te confirmer que les deux visites valent bien le détour.

temple de confucius pékin

Chez Confucius, statue du Maître et arbres noueux sont de mise, dans une ambiance plutôt feutrée (propos à nuancer dans la mesure où l’on n’est jamais à l’abri d’une soudaine affluence). Le Collège Impérial, qui jouxte le Temple, est une promenade idéale, y compris avec pour des enfants, le cadre est spacieux, ombragé, aéré, et vient logiquement délicieusement compenser la – parfois pesante – densité de la capitale.

temple confucius collège impérial pékin

Chez les Lamas, l’agitation est plus tangible, le Temple étant largement fréquenté par les fidèles qui viennent brûler des encens et honorer les différentes représentations de Bouddha… (Longévité, Santé, Sagesse, on a l’embarras du choix…). Mais la ferveur bon enfant qui émane du lieu s’avère plutôt sympathique, n’étaient les nombreux touristes qui viennent comme je le fis tempérer un peu cette atmosphère dépaysante.

yonghegong temple des lamas pékin

A ne pas manquer, évidemment, le sculptural Bouddha de santal, qui, du haut de ses 26 mètres, impressionne d’autant plus qu’il fut taillé et ciselé dans une seule et unique pièce de bois (cela méritait bien un Guinness record).

santal bouddha temple des lamas

Les deux temples, assez proches l’un de l’autre, se trouvent par ailleurs dans un quartier de Hutong pas forcément des plus pittoresques, mais néanmoins plaisantes à parcourir.

hutong par la lorgnette

Les boutiques de bibelots, papeteries et autres créations lainières commencent à y être bien implantées, signe incontesté de l’attractivité du quartier.

On y trouve également de fort cosy cafés… j’aurais bien passé plus de temps dans celui où le hasard nous fit nous arrêter… le retrouverai-je ?


infos pratiques :
– Temple de Confucius et Musée du Collège Impérial (« Confucian Tfmpif and Guozijian Musfum » – transcription authentique du ticket d’entrée) – 孔庙和国子监物馆
13 Guozijian Lu, Beixinqiao, Dongcheng District
北京市东城区国子监街13号
entrée 30 RMB
plus d’infos ici

– Temple des Lamas – Yonghegong – 雍和宮
Yonghegong Dajie, Beixinqiao, Dongcheng District
北京市东城区雍和宫大街
entrée 25 RMB (possibilité de louer un audioguide)
plus d’infos (mais seulement en chinois) ici

Accès : métro lignes 2 et 5, station Yonghegong

Afin d’inaugurer comme il se doit l’Année du Dragon, nous nous sommes essayés, en famille et entre amis, à la folie thermale en passant une journée à barboter dans les eaux chaudes du Moonriver Hot Spring Resort.

Sis au sud-est de Pékin, un peu au-delà du 5e périphérique, dans un quartier tellement neuf et quasi inhabité qu’il m’a semblé errer dans une ville fantôme, ce vaste complexe hôtelier (de luxe ? – 7 étoiles autoproclamées!) offre donc au visiteur de goûter aux charmes de ses bassins conçus pour délasser les corps et les esprits.

Plutôt très peu motivée à l’idée de pénétrer dans un temple kitsch, je fus très agréablement surprise par la décoration (relativement) épurée et l’atmosphère feutrée du lieu.

Après avoir abandonné ses chaussures à l’entrée du Resort (ce détail à son importance, tu comprendras plus loin pourquoi, mon cher lecteur), le visiteur est invité à rejoindre les vestiaires (non mixtes), et à s’y délester de ses apparats vestimentaires pour n’en garder que l’essentiel : serviette et maillot de bain (ainsi que l’inévitable sacs à indispensables de tout parent stressé qui se respecte : bouées, brassards, couches, lingettes, rechanges, en-cas et bouteille d’eau). Les fioritures sont diligemment encloses dans un casier à fermeture électronique, la clef nous étant remise sous la forme d’un bracelet.

Autre attribut remis par le personnel et à porter sans retenue, sous peine de se voir quasiment réprimander : les chaussures en plastiques (les mêmes que celles arborées par Roselyne Bachelot un mercredi de 2008) prévues pour faciliter la marche et éviter les glissades.

Après une petite promenade dans une succession de couloirs et d’escaliers, nous accédons enfin au sésame : le « spa« , se présentant sous la forme d’une grande piscine centrale, garnie comme il se doit de fontaines en forme de dauphins et d’hippocampes, et de rebords où savourer les massages prodigués par les jets d’eau. La piscine est divisée en trois bassins où la température de l’eau varie graduellement de chaude à brûlante.

Autour, des jacuzzis accueillent ceux qui souhaitent tester l’efficacité d’une eau aromatisée au vin sur le grain de leur peau (je n’ai pas remarqué d’effet radical me concernant). Il y a également une piscine d’eau glacée dont je me suis bien gardée d’essayer l’effet raffermissant.

Si l’on se lasse du barbotage, on peut tout à loisir s’adonner à une petite sieste, plaisir sans doute le plus communément partagé des Chinois, sur les dalles chaudes qui bordent la piscine.

Un peu plus loin, un espace est dédié aux plaisirs enfantins : un bassin moins chaud et de faible profondeur, où trône un navire ludique, avec toboggans, balançoire, canons à eau et autres cascades. Miss Godzilla a bien un peu rechigné quand une cascade lui a dégouliné dessus, mais dans l’ensemble, mes trois demoiselles ont chacune adoré y patauger.

En prime, les heureux parents peuvent garder un œil sur leur progéniture bien au (très) chaud dans une petite piscine adjacente. Et pour les moins frileux, des tables et des bancs sont également à disposition.

A l’étage, un buffet est en libre service – malheureusement, au moment où nous avons eu faim, le service du midi était déjà terminé et celui du soir pas encore installé, mais nous avons tout de même eu de quoi nous sustenter correctement avec des viennoiseries (très correctes), des crudités diverses et variées, et quelques fruits.

Détail amusant : il faut quitter ses atours humides pour accéder au dit buffet. Dans le vestiaire, le personnel nous fournit gracieusement un élégant ensemble composé d’une veste et d’un pantalon, qui donna le vague sentiment à notre équipée d’être les patients d’un même hôpital. Mais surtout, il nous est remis un ravissant sous-vêtement unisexe et à usage unique dont je continue de me demander si l’étiquette ne recèle pas un message caché – que la décence m’interdit de développer plus avant (mais regardez bien le bras du monsieur et la position de sa main, troublant, non?).

Et les chaussures me direz-vous?
Et bien elles ne sont donc restituées qu’après le passage à la caisse, afin d’éviter les resquilleurs !


infos pratiques :
月亮河温泉假日酒店/Moonriver Hot Spring Resort

adresse :
北京通州区月亮河河滨路1号
Moon River Hebin Road 1,
Tongzhou District
101100 Beijing

010-89523733、89526999
site web (tout en chinois) ici
Tarifs du spa :
– 368 RMB/personne
– Gratuit pour les enfants en-dessous de 1,2 mètres (en Chine, c’est la taille et non l’âge qui compte)
– 100 RMB/enfant entre 1,2 et 1,4 mètres (= les enfants de plus d’un mètre quarante paient plein tarif)

plan d’accès :


autour du Liangmahe

Certes, Pékin n’est pas de ces capitales traversées par une vaste rivière. Il n’en demeure pas moins nantie de lacs et de canaux en nombre, elle peut satisfaire les amateurs de plaisirs fluviaux.

Non loin du quartier de Sanlitun s’étend ainsi le Liangmahe (亮马河 – la rivière du cheval d’argent), que des aménagements récents et nourris ont su transformer en agréable promenade pour le chaland qui passe.

Compte tenu du fait que j’ai pu assister, au cours de mes premiers mois pékinois, aux travaux desdits aménagements, et pu considérer tout à loisir, et l’état du sol, et la couleur de l’eau, et ce qu’on y déverse sans aucun scrupule, je continue d’être perplexe en observant pêcheurs et même nageurs s’adonner à ces joies nautiques sans trop se faire de souci. Mais si on n’y regarde pas de trop prêt, qu’on oublie l’odeur vaseuse les jours de grosse chaleur et qu’on fait abstraction de l’état du canal quelques centaines de mètres en amont, le Liangmahe offre sans conteste un cadre plaisant, voire romantique, voire délectable, si loin, si proche du périphérique surchargé et de l’effervescence ambiante.

A l’occasion, il est particulièrement appréciable de s’y promener à la lumière du petit jour, et d’observer les Chinois s’adonner à leur gymnastique rituelle.

Et quand l’hiver arrive, on peut même se targuer d’assister à la pêche sous la glace au cœur de la ville.

sport d'hiver à Pékin

La conjonction propice des vacances scolaires et d’un temps plutôt clément m’a permis d’oublier un instant les considérations très actuelles qui occupent mon esprit (trouverai-je du foie gras digne de ce nom ? du monbazillac ? des marrons ?) en m’offrant de visiter enfin la Colline du Charbon, ravissante petite butte au charme quasi champêtre offrant au prix d’une ascension relativement douce un panorama appréciable sur Pékin.


Naturellement, le charme en question est un quelque peu tempéré par une fréquentation à la hauteur de sa réputation, mais le coin n’en demeure pas moins très plaisant, tout autant que l’est le parc qui l’entoure.

même un petit panda et sa maman étaient de la partie

ainsi que l'empereur

Passés les plaisirs bucoliques procurés par l’illusion d’une promenade à flan de montagne, l’hommage à Bouddha, la vue imprenable sur la Cité Interdite et les joyeusetés touristiques, on peut même se payer le luxe d’une petite promenade dans le quartier populaire qui l’environne, où l’on peut apprécier, au gré des déambulations :

– de la viande des Grisons (ou presque)

– un magasins pour les personnes groggy

– un hommage à la jeunesse

(- en français dans le texte)

Bref, un bien sympathique moment avant de retourner à mes tracas saisonniers.


景山公园 Jingshan Gongyuan
Parc de la Colline du Charbon (littéralement
Jingshanxijie 44, Xicheng District
西城区 景山西街
(En face de la porte Nord de la cité interdite
Métro 5/station Dongsi, sortie B – puis une bonne quinzaine de minutes de marche à pied, ou le bus!)

entrée : 2 RMB