Qu’est-ce que c’est ?

whatthehell

J’offre un paquet de Carambars fraises Tagada au premier qui me donne la bonne réponse.

Ce charmant outil de fabrication artisanale – qui n’est pas sans me rappeler, avec quelques frissons, les improbables instruments de torture gynécologique que l’on voit dans la scène de l’opération de Faux Semblants, mais je dois avoir l’esprit un peu tordu – est le fidèle compagnon des nombreux et avenants vendeurs d’ananas qui fleurissent au gré des marchés et souvent au coin des rues.

(Vivre en Chine offrant l’inestimable avantage de se régaler de fruits « exotiques » tout au long de l’année et à moindre frais)

En France, j’avais vaguement appris à étêter, écorcher et découper les ananas en quartiers plus ou moins réguliers… En Chine, la méthode diffère quelque peu, puisqu’il s’agit de faire coulisser un genre de couteau composé de lames de rasoir ou de cutter ingénieusement agencées le long des alvéoles rugueuses du fruit, afin de retirer les parties dures, offrant à terme le spectacle d’un fruit impeccablement épluché, arborant de réguliers sillons fort joliment ciselés.

Mue par la puissante motivation à l’immersion aux us et coutumes du pays d’adoption qui me caractérise, j’ai récemment profité de l’amitié qui s’est nouée entre ma vendeuse de fruits attitrée et moi-même (venir au marché 3 fois par semaine crée de solides liens), et demandé à icelle où je pourrais me procurer le savant outil en question… N’écoutant que sa générosité, ma gentille vendeuse me fit alors gracieusement don de celui qu’elle possédait en double, et je puis désormais m’exercer à mon tour, et non sans une certaine fierté, à la sculpture sur ananas.

(J’ajoute qu’il faut toutefois un certain coup de main pour réussir l’exercice, mes tentatives ayant jusqu’à présent abouti à un rendu nettement moins esthétique).

magazine Georges lunettes

Voici bientôt un an que je file le parfait amour avec Georges, que je l’attends avec impatience, le contemple avec bonheur, et le savoure avec joie… Il sait se faire désirer, mais sa venue, environ chaque trimestre, n’en est que plus appréciée.

magazine Georges Lunettes

MonChéri n’a cependant aucune raison d’être jaloux, Georges s’incarnant sous les traits d’un petit(-petit-petit) magazine tout en poésie et en intelligence que je partage par ailleurs volontiers avec toute la maisonnée.

Petit bijou de graphisme et de finesse, Georges est de ces revues pour enfants qui vous rappellent que vous en êtes vous-mêmes de grands. Point de mièvrerie, point de faux enfantillages chez Georges, mais des jeux, des histoires, des interviews, des clins d’œils cinématographiques, des initiations linguistiques, de l’humour (énormément), et beaucoup, beaucoup plus encore… chaque « numéro » étant consacré à une thématique particulière (Éléphant, Cupcake, Trompette, Moustache, … et cette fois-ci, Lunettes), et toujours fort joliment et élégamment illustré.

magazine Georges Lunettes

Je me demande souvent si je n’ai pas plus de plaisir à le recevoir que mes demoiselles, moi qui vais même jusqu’à envisager de prendre un deuxième abonnement juste pour le plaisir de les garder rien que pour moi… C’est dire si je suis enamourée.

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Georges est édité par Grains de Sel, qui porte bien son nom, et à qui je suis infiniment reconnaissante d’apporter son petit grain de folie jusqu’à Pékin. Merci Georges, et longue vie à toi, tes fidèles Chinoises t’attendent à chaque fois avec ferveur !

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L’affolée est heureuse de vous retrouver pour un nouvel opus de sa grande rubrique consacrée aux transports chinois dans tous leurs états, aujourd’hui consacré au train.

Oubliez tout ce que vous savez des TGV bondés et des valises qui trainent à l’entrée des rames, vous êtes loin du compte, dans un train chinois, promiscuité et encombrement sont de rigueur, dans une ambiance ma foi fort sereine et bon enfant.

L’aventure ferroviaire commence dès l’arrivée à la gare, où les voyageurs attendent gaillardement, à l’entrée de la voie dédiée, que l’accès au train soit autorisé. Un peu de malchance peut obliger à un surcroît de patience dans un hall quelque peu surchauffé, si d’aventure le train en question a un peu de retard sur l’horaire prévu, ceci nous ayant permis – du moins à mes enfants chéries – de nous adonner à la coutume locale, et de dormir à même le sol ou sur les valises, en attendant un confort plus propice.

dans l'attente

Je tire des quelques expériences ferroviaires chinoises que j’ai à mon actif quelques constats simples : tout d’abord, que les Chinois ont du mal à voyager léger, chaque trajet étant visiblement l’occasion de ramener à la famille ou aux amis des présents de préférence volumineux. En conséquence de quoi les racks prévus à cet effet se voient rapidement encombrés de mille et uns improbables bagages, du poupon grandeur nature à la batterie de casseroles en passant par les sacs de pommes et les chaines hi-fi.

bienheureuses places assises...

Deuxième constat: quitte à prendre le train, autant en profiter pour se divertir. On ne peut pas dire que l’ambiance des wagons soit particulièrement feutrée, outre les discussions qui vont bon train (c’est le cas de le dire) entre les passagers et les allées et venues quasi incessantes des employés vendant, qui des boissons, qui des fruits, qui des soupes lyophilisées et des cacahuètes, on savoure la motivation cajoleuse de vendeurs qui, démonstration à l’appui, vous propose d’acheter des jouets éducatifs ou des grilles de loto. La circulation est en outre décuplée par celle des passagers ayant acheté des places debout, et qui tentent logiquement leur chance, entre les arrêts, sur les banquettes vides, avant de se faire renvoyer dans le couloir par ceux qui ont investi dans une place assise, jusqu’à la prochaine fois.

... et paisible espérance

Quelques règles sont de rigueur : ne pas cracher, ne pas fumer, notamment, mais là encore, tout est relatif, la tabagie étant admise dans les sas entre chaque wagon, ce qui ne change donc pas grand chose à l’atmosphère ambiante, lesdits sas n’étant pas clos. J’ai d’ailleurs, alors que je m’adonnais à ce répréhensible vice, été prise en pitié par un autre fumeur qui sembla fort affligé de constater que je roulais mes cigarettes, et me fit don d’une de ses « cousues » avec une grande générosité.

En fonction de la durée du trajet, le voyage peut donc sembler pittoresque ou insupportable. J’ai personnellement toujours plutôt favorablement apprécié ceux que j’ai effectués, mais sans doute la présence de mes chères enfants, et de l’engouement qu’elles suscitaient chez les autres passagers, m’a-t-elle forcément rendu l’expérience plus sympathique. Grande amatrice de train je fus déjà en France, y aurait-il cependant une raison légitime pour que je ne le demeurasse pas au pays du milieu ?

Le taxi, c’est très surfait.

A l’occasion d’une nouvelle et récente expédition à Gaobeidian, MonChéri et moi-même avons eu le plaisir et l’insigne honneur de nous initier à un moyen de transport autrement plus typique : la camionnette du livreur.

Rien de tel pour donner à l’expatrié(e) en mal de semblant de sensations authentiques le sentiment de connaître un peu plus avant le quotidien du Pékin moyen, si l’on me pardonne ce mauvais jeu de mot.

Avantage non négligeable, effectuer le trajet du retour en même temps et en compagnie de ses achats récents garantit la fiabilité de la livraison. Autre avantage (ou pas, c’est selon), on améliore sa connaissance de la conduite à la chinoise et de son interprétation très personnelle du code de la route (celle-là même qui me fait me demander quotidiennement pourquoi diable j’ai, moi, raté le permis).

Il y a évidemment, par ailleurs, un petit côté aventurier à foncer sur le périphérique sans ceinture, le cheveu au vent, bien calée aux côtés d’un conducteur dont l’accent vous fait déployer des trésors d’inventivité pour capter ne serait-ce qu’un mot familier dans la conversation qu’il mène à battons rompus. J’appris incidemment au cours de celle-ci que les voitures allemandes sont mieux que les françaises et que les Américains ne sont pas très gentils, le reste du dialogue m’ayant échappé, peut-être du fait des couinements d’un embrayage pour le moins fatigué qui me confirma, si besoin était, que le bolide dans lequel nous nous trouvions n’était certes pas allemand.

L'arbre du voyageur

La France attachant une importance toute particulière à son aura culturelle, nous disposons, à l’étranger, de fort avenantes infrastructures venant combler l’éventuel manque de nourritures spirituelles dans la langue de Molière.

A ce titre, le Centre culturel français de Pékin (gardons l’appellation en l’état même si manifestement il semble se nommer Institut Français de Chine) n’a rien à envier, ni au Goethe Institut, ni à l’Institut Cervantès qui lui fait quasiment face. L’endroit est plus que rutilant, idéalement situé à deux encablures du très expatrié quartier de Sanlitun. Médiathèque, café, bibliothèque, tout y est, et bien évidemment une librairie, poétiquement baptisée L’Arbre du Voyageur, bien achalandée, où le lecteur assidu ou non à toutes les chances de trouver son bonheur.

Petit détail technique qui a son importance – une affolée s’y est laissée prendre la première fois -, il convient d’acquérir une carte de membre pour avoir le privilège d’acheter les ouvrages (divers et variés, et pas nécessairement exclusivement franco-français) qui se disputent la vedette sur les rayonnages. Rien de plus simple au demeurant, il suffit de renseigner les informations d’état civil d’usage pour se voir établir ladite carte de membre, puis de la créditer d’un montant forcément au moins égal au montant des livres que l’on souhaite acheter.

L’Arbre du Voyageur permet par ailleurs – avantage non négligeable – de commander les références qui pourraient ne pas se trouver en stock sur place. Mon interlocuteur, toujours merveilleusement réactif et disponible, m’épargna ainsi bien des tracas lorsque je mis en quête des premiers tomes de Petit Vampire de Joan Sfar que je souhaitais offrir pour sa fête à ma rebelle fleur préférée. Une anticipation de quelques quatre semaines est bien sûr requise, mais au vu du devis qui me fut proposé, je ne pus que constater que l’offre n’était pas déshonorante.

Une adresse, donc, à retenir sans conteste, également par ailleurs, même sans l’avoir testée (la disponibilité des Ayi ayant ses limites), pour sa programmation cinématographique particulièrement attrayante.