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Une effervescence tangible s’est emparée de la Chine à l’approche du Nouvel an (chinois), les boutiques d’artifices poussent comme des champignons à tous les coins de rue, et avec elles les inévitables panneaux stratégiquement placés (y compris sur les bouches d’égouts) pour rappeler aux célébrants d’éviter d’allumer leur cartouche de 500 pétards au beau milieu d’un carrefour, devant un hôtel, en face d’un bâtiment officiel, près d’un temple, à l’hôpital, et ailleurs encore.

Happy Dragon

Mais le Nouvel an chinois, c’est aussi le moment des grandes transhumances, l’intégralité ou presque de la population gagnant, coûte que coûte (y compris 20 heures debout dans le train), sa région de naissance et/ou sa famille. C’est donc le moment où les Ayi disparaissent pour une, deux, voire comble de malheur trois semaines, laissant désorientées bon nombre de femmes expat, comme en attestent quelques discussions récemment entendues : (la rédaction atteste sur l’honneur l’authenticité des propos rapportés)

« J’ai demandé à mon Ayi de me montrer à quoi servait chaque produit d’entretien, lequel était pour le sol, lequel pour les poussières… »

« J’ai demandé à mon Ayi de m’expliquer comment fonctionne le Baby-cook pour préparer les purées de mon bébé »

« Mais comment font les gens à Paris sans Ayi? Franchement, c’est pas une vie! »

Amélie Nothomb écrit dans le Sabotage Amoureux que la Chine « a l’étonnant pouvoir de rendre prétentieux« . Vaniteux en tout cas, c’est bien possible.

Mais ne laissons pas ces préoccupations terre à terre nous gâcher l’arrivée du Signe d’entre les signes, le Dragon est en route, et avec lui deux semaines de feux (d’artifices) et de sons (pétaradants) nourris. Quelques raviolis et un Pékin au ralenti aussi.

pas de pétarades partout

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autour du Liangmahe

Certes, Pékin n’est pas de ces capitales traversées par une vaste rivière. Il n’en demeure pas moins nantie de lacs et de canaux en nombre, elle peut satisfaire les amateurs de plaisirs fluviaux.

Non loin du quartier de Sanlitun s’étend ainsi le Liangmahe (亮马河 – la rivière du cheval d’argent), que des aménagements récents et nourris ont su transformer en agréable promenade pour le chaland qui passe.

Compte tenu du fait que j’ai pu assister, au cours de mes premiers mois pékinois, aux travaux desdits aménagements, et pu considérer tout à loisir, et l’état du sol, et la couleur de l’eau, et ce qu’on y déverse sans aucun scrupule, je continue d’être perplexe en observant pêcheurs et même nageurs s’adonner à ces joies nautiques sans trop se faire de souci. Mais si on n’y regarde pas de trop prêt, qu’on oublie l’odeur vaseuse les jours de grosse chaleur et qu’on fait abstraction de l’état du canal quelques centaines de mètres en amont, le Liangmahe offre sans conteste un cadre plaisant, voire romantique, voire délectable, si loin, si proche du périphérique surchargé et de l’effervescence ambiante.

A l’occasion, il est particulièrement appréciable de s’y promener à la lumière du petit jour, et d’observer les Chinois s’adonner à leur gymnastique rituelle.

Et quand l’hiver arrive, on peut même se targuer d’assister à la pêche sous la glace au cœur de la ville.

sport d'hiver à Pékin

Donc, bonne année 2012. Ce n’est pas parce que les Chinois célèbrent bien davantage la fête du Printemps (également connue sous le nom de nouvel an chinois) – et comme nous entrerons dans l’année du Dragon dans trois semaines, les réjouissances promettent d’être totales – qu’ils dédaignent le 31 décembre, son compte à rebours, ses vœux de réussite et de bonne santé.

La télévision chinoise nous a même gratifiés, aux alentours de l’heure H, d’un triplex chaleureux entre Shanghai, Pékin et Hong Kong. C’était assez sympathique à observer, amusant aussi, car les trois horloges n’étaient manifestement pas tout à fait synchrones, Shanghai devait avoir 4 ou 5 secondes d’avance sur ses comparses.

Puis Monsieur Hu nous a adressé ses vœux.

A noter que Pékin avait fait le choix de la sobriété en ne donnant pas dans la pyrotechnie, lui préférant un son et lumière dans l’enceinte du plus que sublime Temple du Ciel.

Un spectacle que le Parisien n’a pas manqué d’immortaliser dans son tour du monde du passage à 2012, sans semble-t-il se renseigner tout à fait.

Cher Le Parisien, je me permets humblement de vous indiquer 1) qu’on n’entre pas dans le Temple du Ciel comme dans un moulin, encore moins à vélo, fût-ce un 31 décembre ; 2) que les vélos que vous remarquez en face du Temple faisaient partie intégrante du spectacle, puisqu’il s’agissait d’un ensemble de bicyclettes (statiques) de couleur verte censées témoigner de l’engagement de la ville pour l’environnement. (merci à lui pour ces utiles précisions dénichées au prix d’une quête éperdue dans Google).

Je tenais tout de même à rétablir la vérité pour ne pas entamer 2012 le cerveau en roue libre.

La conjonction propice des vacances scolaires et d’un temps plutôt clément m’a permis d’oublier un instant les considérations très actuelles qui occupent mon esprit (trouverai-je du foie gras digne de ce nom ? du monbazillac ? des marrons ?) en m’offrant de visiter enfin la Colline du Charbon, ravissante petite butte au charme quasi champêtre offrant au prix d’une ascension relativement douce un panorama appréciable sur Pékin.


Naturellement, le charme en question est un quelque peu tempéré par une fréquentation à la hauteur de sa réputation, mais le coin n’en demeure pas moins très plaisant, tout autant que l’est le parc qui l’entoure.

même un petit panda et sa maman étaient de la partie

ainsi que l'empereur

Passés les plaisirs bucoliques procurés par l’illusion d’une promenade à flan de montagne, l’hommage à Bouddha, la vue imprenable sur la Cité Interdite et les joyeusetés touristiques, on peut même se payer le luxe d’une petite promenade dans le quartier populaire qui l’environne, où l’on peut apprécier, au gré des déambulations :

– de la viande des Grisons (ou presque)

– un magasins pour les personnes groggy

– un hommage à la jeunesse

(- en français dans le texte)

Bref, un bien sympathique moment avant de retourner à mes tracas saisonniers.


景山公园 Jingshan Gongyuan
Parc de la Colline du Charbon (littéralement
Jingshanxijie 44, Xicheng District
西城区 景山西街
(En face de la porte Nord de la cité interdite
Métro 5/station Dongsi, sortie B – puis une bonne quinzaine de minutes de marche à pied, ou le bus!)

entrée : 2 RMB

Futur expatrié en Chine, rassure-toi, tu n’auras pas trop de difficultés à te sustenter en délices fromagères diverses et variées.

Le choix est certes plus limité qu’en France – pas de cancouaillotte par exemple! -, les prix et le bilan carbone un peu plus élevés, mais tu peux sans inquiétude emmener ton appareil à raclette et ton caquelon à fondue, ils pourront te servir.

Mais me croiras-tu si je te dis que tu n’auras pas forcément besoin d’écumer les centres commerciaux pour expats pour savourer d’excellents fromages produits localement ?

Pékin réserve toutes sortes de surprises, et le Fromager de Pékin n’est sans doute pas la moins insolite d’entre elles.

Son fondateur, Monsieur LIU Yang, a été formé à la meilleure des écoles : il a vécu et étudié en France, et a ramené son savoir-faire au pays du milieu pour le plus grand bonheur des papilles pékinoises.

Les fromages – des chèvres, essentiellement, mais aussi une brousse délicieuse, un « gris » au bon goût de camembert et du fromage blanc – sont fabriqués dans son atelier de la banlieue pékinoise, et qu’il est, je crois, d’ailleurs possible de visiter.

Les produits s’achètent dans plusieurs boutiques, et en ligne sur le site du Fromager, avec une livraison garantie ultra rapide (service testé et approuvé par les soins d’une affolée)

Heureux plateaux en perspective !