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Qu’est-ce que c’est ?

whatthehell

J’offre un paquet de Carambars fraises Tagada au premier qui me donne la bonne réponse.

Ce charmant outil de fabrication artisanale – qui n’est pas sans me rappeler, avec quelques frissons, les improbables instruments de torture gynécologique que l’on voit dans la scène de l’opération de Faux Semblants, mais je dois avoir l’esprit un peu tordu – est le fidèle compagnon des nombreux et avenants vendeurs d’ananas qui fleurissent au gré des marchés et souvent au coin des rues.

(Vivre en Chine offrant l’inestimable avantage de se régaler de fruits « exotiques » tout au long de l’année et à moindre frais)

En France, j’avais vaguement appris à étêter, écorcher et découper les ananas en quartiers plus ou moins réguliers… En Chine, la méthode diffère quelque peu, puisqu’il s’agit de faire coulisser un genre de couteau composé de lames de rasoir ou de cutter ingénieusement agencées le long des alvéoles rugueuses du fruit, afin de retirer les parties dures, offrant à terme le spectacle d’un fruit impeccablement épluché, arborant de réguliers sillons fort joliment ciselés.

Mue par la puissante motivation à l’immersion aux us et coutumes du pays d’adoption qui me caractérise, j’ai récemment profité de l’amitié qui s’est nouée entre ma vendeuse de fruits attitrée et moi-même (venir au marché 3 fois par semaine crée de solides liens), et demandé à icelle où je pourrais me procurer le savant outil en question… N’écoutant que sa générosité, ma gentille vendeuse me fit alors gracieusement don de celui qu’elle possédait en double, et je puis désormais m’exercer à mon tour, et non sans une certaine fierté, à la sculpture sur ananas.

(J’ajoute qu’il faut toutefois un certain coup de main pour réussir l’exercice, mes tentatives ayant jusqu’à présent abouti à un rendu nettement moins esthétique).

schindler's food center

Depuis que le eshop Carrefour China s’est refait une beauté, et en attendant qu’il ait terminé la migration de son catalogue, je suis contrainte de développer de nouvelles stratégies pour satisfaire les appétits carnés de mon doux gynécée.

Mue par un irrépressible accès d’inconscience, j’ai plusieurs fois au début de notre vie chinoise acheté de la viande au marché, en fermant volontairement les yeux sur l’origine, l’alimentation et le traitement des animaux concernés. Je suppose que j’y éprouvais un certain dépaysement (voire un dépaysement certain).

Mais depuis que j’ai eu vent de quelques cas de grippe aviaire du côté de Hong Kong (bien que cela soit plutôt loin d’ici, on en conviendra), va savoir pourquoi, mon cher lecteur, je me suis dit qu’il serait peut-être plus prudent de ma part de chercher ma viande dans des lieux hygiéniquement plus recommandables.

Au diable l’avarice, j’ai donc fini par pousser la porte de la – si célèbre au sein de la gent expatriée pékinoise – Boucherie Allemande, plus officiellement connue sous le nom de Schindler’s Food Center, qui te permet donc de t’offrir le temps des courses un aller-retour éclair pour l’Europe.

Le Schindler’s Food Center a ce petit air du magasin d’alimentation générale des années 1970 propre à me plonger dans des abimes de nostalgie.

Car la boucherie allemande en connaît plus d’un rayon : à l’étal du boucher, bien tenu, de (très bonne) qualité et plutôt abondant (on y trouve même du lapin – mais pas d’agneau edit 13.02.2011 : si, on y trouve aussi de l’agneau! (signé une affolée mal renseignée), viennent s’ajouter pains, vins, fromages, chocolats, bonbons, céréales, épices et autres conserves, dans une sélection toutefois quelque peu limitée.

Un repaire idéal pour impressionner ses invités ou ses visiteurs et les rassurer sur la sécurité alimentaire locale (pour les autres jours, on peut continuer à aller au marché… il y en a un très sympa en face).


Schindler’s Food Center/申嘉食品中心
枣营北里15号
15 Zaoying Beili
10.00-19.00

anti-home sweet home blues

Vivre à l’étranger a ceci de positif que l’on se rend assez rapidement compte du caractère superflu de ce qui, en France, nous paraît a priori indispensable : magazines, vêtements, aliments, marques chéries, petits cafés en terrasse, facebook, etc…

En dépit des considérations souvent bassement matérialistes qui animent ce blog, je suis donc fermement convaincue qu’il en faut peu (oui vraiment très peu) pour être heureux et qu’il faut profiter de son expérience à l’étranger pour développer son adaptabilité (potentielle ou inévitable, elle reste franchement potentielle à Pékin) à de nouveaux environnements.

Ayant toutefois plusieurs expatriations au compteur, je sais aussi qu’on n’est jamais à l’abri d’un coup de cafard et d’un désir irrépressible de retrouver hic et nunc la saveur de nos habitudes quotidiennes hexagonales.

Si un jour je dirigeais une agence de coaching en gestion du bonheur à l’étranger (ça sonne bien, non?), je suis en tout cas certaine que je consacrerais une formation à la stratégie de la checklist.

Cette méthode très efficace (sur moi) et éprouvée (par moi), consiste à glisser dans ses cartons et ses valises (à affiner et à renouveler d’ailleurs en cas de retour de vacances en France) quelques menus éléments indispensables à la survie de notre bonne humeur, et à en faire un usage opportun, en particulier si la nostalgie se fait sentir.

A titre personnel, mon improbable checklist pékinoise est composée d’une dizaine de simplissimes items :

– des soupes lyophilisées crème d’asperges aux croutons (en souvenir de mes années étudiantes et parce que c’est bon)
– du sérum physiologique (parce qu’on devient accro dès qu’on devient parent)
– de la savora (par pur mauvais goût sans doute, mais j’adore)
– des attaches parisiennes (trop parisiennes apparemment pour être utilisées en Chine, mais j’ai peut-être mal cherché)
– du savon au fiel (le meilleur détachant au monde)
– du cerfeuil (pour les œufs mimosa)
– des fraises tagada (étonnant comme ce que je n’achetais jamais à Paris devient objet de désir parce qu’introuvable à Pékin)
– du liniment oléo-calcaire (pour les mêmes raisons que le sérum physio)
– des gaufres au miel (même si on peut en trouver ici, il m’est réconfortant d’avoir un petit stock à l’arrivée)
– divers pâtés et foie gras en conserve (amour de la charcuterie quand tu nous tiens).

Vous voyez bien que je me passe de tout.

wangfujing

La semaine dernière, opération Ho Ho Ho oblige, je me suis imposé 45 minutes de métro pour me rendre sur l’avenue commerçante phare de la capitale, j’ai nommé Wangfujing.

Et je dois bien reconnaître que je n’ai au bout du compte pas vraiment regretté de ne pas y avoir remis les pieds depuis mon arrivée à Pékin. Je connaissais l’avenue d’un premier voyage – touristique – en Chine il y a bientôt 10 ans de cela, et si ma mémoire ne me fait pas défaut, le lieu finalement n’a pas beaucoup évolué.

L’énorme avantage de Wangfujing – en dehors de sa localisation quasi centrale dans Pékin – tient à son miracle piétonnier : je ne suis pas certaine qu’il y ait d’autre portion de bitume aussi large dans Pékin qui soit (presque) entièrement dépourvue de voitures. C’est un détail, mais le trafic n’étant pas mon ami, j’ai énormément apprécié de pouvoir avancer où bon me semble sans craindre un écart de conduite ni entendre de klaxons.

Le reste n’a pas grand intérêt touristique, sauf à considérer que la shopping addiction en fait partie : aux magasins succèdent les boutiques auxquelles succèdent les (ultra) grands magasins, spécialisés ou non, bref, on trouve de tout, de l’occidental, du chinois, du haut de gamme, du tout venant, et pour être complètement mis dans l’ambiance, le métro nous dépose directement à l’entrée du shopping mall Oriental Plaza, où nous sommes accueillis, à ma gauche, par un rutilant Esprit, et à ma droite par un non moins chatoyant Agatha.

Ce n’est évidemment pas seulement par pur masochisme que je me suis décidée à venir arpenter Wangfujing, mais pour y visiter les deux librairies réputées du coin, et fort bien achalandées en littérature étrangère et matériel d’apprentissage des langues.

J’ai d’ailleurs été un tout petit peu déçue, l’objet de ma quête se matérialisant en un dictionnaire électronique, dont j’espérais découvrir une sélection ambitieuse… Le choix fut finalement plus limité (même si je finis par trouver mon bonheur au terme d’une longue réflexion, MonChéri m’en saura gré, espérons-le).

Au final, rien de bien extravaguant, donc, à découvrir sur Wangfujing, mais on peut avoir le plaisir d’y admirer le tout premier Mc Donald’s ouvert à Pékin, et, au coin de la rue, y découvrir (ou tester, pour les plus audacieux), un petit marché de snacks bien particuliers, où les brochettes de scorpions côtoient celles de mille-pattes et de cloportes divers et variés (délicieux paraît-il).

Scorpions_on_Wangfujing_Dajie_snack_street_in_Beijing

(photo courtesy of Kilroy238 on Wikipedia)

Wangfujing 王府井
Métro Ligne 1, arrêt éponyme

Librairie:
王府井书店/Wangfujing Bookstore
218 Wangfujing Dajie, Dongcheng District
东城区王府井大街218号