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Le taxi, c’est très surfait.

A l’occasion d’une nouvelle et récente expédition à Gaobeidian, MonChéri et moi-même avons eu le plaisir et l’insigne honneur de nous initier à un moyen de transport autrement plus typique : la camionnette du livreur.

Rien de tel pour donner à l’expatrié(e) en mal de semblant de sensations authentiques le sentiment de connaître un peu plus avant le quotidien du Pékin moyen, si l’on me pardonne ce mauvais jeu de mot.

Avantage non négligeable, effectuer le trajet du retour en même temps et en compagnie de ses achats récents garantit la fiabilité de la livraison. Autre avantage (ou pas, c’est selon), on améliore sa connaissance de la conduite à la chinoise et de son interprétation très personnelle du code de la route (celle-là même qui me fait me demander quotidiennement pourquoi diable j’ai, moi, raté le permis).

Il y a évidemment, par ailleurs, un petit côté aventurier à foncer sur le périphérique sans ceinture, le cheveu au vent, bien calée aux côtés d’un conducteur dont l’accent vous fait déployer des trésors d’inventivité pour capter ne serait-ce qu’un mot familier dans la conversation qu’il mène à battons rompus. J’appris incidemment au cours de celle-ci que les voitures allemandes sont mieux que les françaises et que les Américains ne sont pas très gentils, le reste du dialogue m’ayant échappé, peut-être du fait des couinements d’un embrayage pour le moins fatigué qui me confirma, si besoin était, que le bolide dans lequel nous nous trouvions n’était certes pas allemand.

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Après un peu plus d’un an d’efforts pas assez soutenus, j’ai atteint dans le sang et les larmes une maîtrise plus que très approximative du mandarin basique. Miss Godzilla, du haut de ses deux ans presque et demi, parle et comprend déjà mille fois mieux que moi. C’est dire.

Je m’amuse même moi-même en constatant que je déclare avec assurance : « je veux acheter une vache » en lieu et place de « je voudrais de la viande de bœuf« , et ne compte plus toutes les fois où j’intervertis, dans le taxi, la gauche et la droite. La dernière fois, j’ai aussi réussi à demander à la marchande de me donner 200 mètres de fromage (elle a bien ri – et j’ai retenu comment se dit grammes).

Je me console comme je peux de ma frustration linguistique en me disant que l’apprentissage de la langue de Shakespeare, voire de l’alphabet latin tout simplement, est peut-être tout aussi sibyllin pour les sinophones.

La preuve en images (un peu floues d’ailleurs), mais les exemples sont légion :



Chacun sa croix…

Quelques semaines avant notre départ, une amie a offert à Miss Godzilla qui a l’époque était encore douce un magnifique imagier de circonstance.

Mon imagier chinois - Catherine Louis

Ce joli livre pour les tous petits, imaginé (pour un imagier, c’est plutôt de circonstance me direz-vous) par l’illustratrice helvète Catherine Louis offre un ravissant premier aperçu de la langue et de l’écriture chinoises, en proposant, en face des caractères tracés sur la page de gauche, une illustration élégante, poétique et colorée, inspirée de « l’étymologie » des traits.

Un exemple parmi tant d’autres: le caractère 好, signifiant « bon, bien » est lui-même composé de deux caractères réunis : la femme (女) et l’enfant (子) (une maman avec son enfant = ce qui est bien, CQFD).

Mon imagier chinois - sample
L’imagier détaille ainsi tout un univers chamarré, allant des animaux aux paysages en passant par les gestes du quotidien, les sentiments, la nourriture et les chiffres.

Une toute petite réserve cependant : la prononciation des caractères est reproduite en pinyin, mais sans l’intonation (pourtant réellement indispensable).

A noter également que ce sont les caractères traditionnels qui sont reproduits, c’est-à-dire tels qu’encore utilisés à Taïwan ou Singapour, mais plus en Chine continentale depuis la fin des années 1950.

En un mot, un cadeau incontournable si vous connaissez de jeunes enfants en voie d’expatriation chinoise…

Mon Imagier Chinois
Catherine Louis
Editions Philippe Picquier, 2004

Avant d’habiter à Pékin, je pensais sincèrement que les immeubles dépourvus de 13e étage appartenaient à la catégorie des légendes urbaines.

Il n’aura fallu que quelques voyages en ascenseur pour que mes yeux se décillent : le mythe est une réalité.

Mais l’absence de 13 est plutôt folklorique, en Chine, ce n’est pas tant ce nombre que le chiffre 4 qui porte malheur. En effet, 4 se prononce [sì], et pareillement se prononce « mourir » – 死 [sǐ] – en mandarin (à une accentuation prêt soit dit en passant, je me demande bien pourquoi on me répète à longueur de journée que pour bien parler chinois il faut ri-gou-reu-se-ment marquer les tons si on se laisse effrayer par une homophonie imparfaite).

Du coup, exit le 4, le 14, le 24 (la liste peut continuer à l’envi), les étages passant directement à l’impair supérieur, offrant une énumération quelque peu tronquée sur les tableaux certains ascenseurs. Ce n’est pas toujours le cas, beaucoup de buildings semblent se jouer du destin en comptant sans tricher, quelle audace !

 

… ou comment faire de substantiels progrès en mandarin.

Voici plus de 6 mois que je suis à Pékin… il m’en aura fallu presque autant avant de me décider à prendre des cours de mandarin.

Du chinois, j’en avais déjà fait dans une autre vie, il y a quelque 10 ans, et il ne m’en restait goutte, ou à peine plus. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que j’ai cédé aux affres de la procrastination et remis à une date ultérieure d’en réapprendre quelques rudiments : je savais que cette langue est exigeante et ingrate, fascinante aussi.

De mes deux ans d’apprentissage passés, je n’avais conservé que la connaissance des nombres et à peine plus de 3 mots de vocabulaire.

Surtout, j’étais paniquée et paralysée par le constat de mon incapacité à distinguer les caractères entre eux, que j’avais pourtant laborieusement tâché d’assimiler en leur temps. Tout se mélangeait en une effrayante bouillie où il me semblait être condamnée à patauger ad aeternam.

Lasse de n’être pas en mesure d’ânonner plus de 4 syllabes avec le Pékin moyen, j’ai tout de même fini par pousser la porte d’une des multiples écoles de langue qui jalonnent cette ville.

Depuis, j’ai un peu repris espoir, je parviens peu ou prou à retenir quelques caractères, voire quelques expressions usuelles indispensables au quotidien.

petit florilège des essentiels du moment :

  • cette montagne est plus grande que celle-là
  • j’ai perdu les clefs de ton vélo
  • Tony est très occupé
  • elle pose le vase sur le rebord de la fenêtre
  • dans ce restaurant, il y a beaucoup de chaises

Je n’en suis pas encore, loin s’en faut, à tailler une bavette avec les chauffeurs de taxi (d’autant qu’il y a un monde entre la prononciation étudiée de mon enseignante et les accents provinciaux parfois éprouvants que l’on rencontre « dans la vraie vie »), mais je persévère, et espère que peut-être un jour prochain, va savoir, je serai en mesure de nommer sans les désigner du doigts les légumes du marché…