anti-home sweet home blues

Vivre à l’étranger a ceci de positif que l’on se rend assez rapidement compte du caractère superflu de ce qui, en France, nous paraît a priori indispensable : magazines, vêtements, aliments, marques chéries, petits cafés en terrasse, facebook, etc…

En dépit des considérations souvent bassement matérialistes qui animent ce blog, je suis donc fermement convaincue qu’il en faut peu (oui vraiment très peu) pour être heureux et qu’il faut profiter de son expérience à l’étranger pour développer son adaptabilité (potentielle ou inévitable, elle reste franchement potentielle à Pékin) à de nouveaux environnements.

Ayant toutefois plusieurs expatriations au compteur, je sais aussi qu’on n’est jamais à l’abri d’un coup de cafard et d’un désir irrépressible de retrouver hic et nunc la saveur de nos habitudes quotidiennes hexagonales.

Si un jour je dirigeais une agence de coaching en gestion du bonheur à l’étranger (ça sonne bien, non?), je suis en tout cas certaine que je consacrerais une formation à la stratégie de la checklist.

Cette méthode très efficace (sur moi) et éprouvée (par moi), consiste à glisser dans ses cartons et ses valises (à affiner et à renouveler d’ailleurs en cas de retour de vacances en France) quelques menus éléments indispensables à la survie de notre bonne humeur, et à en faire un usage opportun, en particulier si la nostalgie se fait sentir.

A titre personnel, mon improbable checklist pékinoise est composée d’une dizaine de simplissimes items :

– des soupes lyophilisées crème d’asperges aux croutons (en souvenir de mes années étudiantes et parce que c’est bon)
– du sérum physiologique (parce qu’on devient accro dès qu’on devient parent)
– de la savora (par pur mauvais goût sans doute, mais j’adore)
– des attaches parisiennes (trop parisiennes apparemment pour être utilisées en Chine, mais j’ai peut-être mal cherché)
– du savon au fiel (le meilleur détachant au monde)
– du cerfeuil (pour les œufs mimosa)
– des fraises tagada (étonnant comme ce que je n’achetais jamais à Paris devient objet de désir parce qu’introuvable à Pékin)
– du liniment oléo-calcaire (pour les mêmes raisons que le sérum physio)
– des gaufres au miel (même si on peut en trouver ici, il m’est réconfortant d’avoir un petit stock à l’arrivée)
– divers pâtés et foie gras en conserve (amour de la charcuterie quand tu nous tiens).

Vous voyez bien que je me passe de tout.

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