(image empruntée à Claire Bretécher)

J’ai beau être expatriée, je n’en suis pas moins mère, depuis peu aux prises avec les prémices d’un état dont j’espérais être encore à l’abri pour quelques années… Las, si d’adolescence il n’est pas encore question, Dieu m’en préserve, je remarque du haut des 8 ans sonnés de ma Belle des Champs une lente mais inexorable ascension vers la rébellion contre les vilains adultes qui lui servent de parents.

Tout a commencé l’air de rien, avec quelques accès de colère ici et là, pour des broutilles, un lit à refaire, des tables à apprendre, je n’y ai pas prêté grande attention… Jusqu’à ce qu’il me faille me rendre à l’évidence et constater avec effroi que le tout petit bébé qui est né hier et qui m’a faite mère se pique d’insolences endiablées, a des accès de gloussements éhontés et est prompte à de roucoulantes conspirations entre copines non sans me rappeler une certaine Kevina dans les Petites annonces d’Elie Semoun. Et je ne m’appesantis pas sur la récurrence des adjectifs « injuste » et « nul » qui sortent de sa bouche une bonne dizaine de fois par jour.

Bien sûr, Belle des Champs a encore un pied dans son monde de petshops et de peluches, heureusement bien sûr, elle n’écoute pas Justin Bieber ni ne s’intéresse à la gent masculine, mais je crains qu’il ne me faille me préparer, de façon quelque peu anticipée par rapport à mes prévisions initiales et idéales, à la révolution du teenage angst dans mon charmant gynécée.

Et dire que dans ma propre tête j’ai 19 ans depuis tout juste deux mois.

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