Le blog d’une affolée reçoit aujourd’hui le professeur Carrie Catture, spécialiste des comportements en situation de changement, à l’occasion de la sortie prochaine de sa dernière étude Femme Expat : sociologie d’une aventure.

Elle a accepté de nous livres en exclusivité son approche différenciée de la femme expatriée, et nous présente 4 grandes catégories de compatriotes que l’on est susceptible de rencontrer lors d’un séjour à l’étranger.

– l’Ultra Woman : femme active et à responsabilités, elle gère tout à la perfection, avec ou sans mari (qui peut très bien être resté en France ou résider dans un autre pays), a 2, 3 ou 4 enfants et conjugue allègrement sports, vie sociale, activités culturelles et allaitement. Elle sait cultiver les réseaux, et est un ferment social indispensable pour le groupe, une aspiration et un modèle pour toutes les autres.

– l’Epicurienne : grande socialisatrice devant l’Éternel, elle ne perd jamais une occasion de participer à des marches et des déjeuners en groupe destinés à découvrir des quartiers typiques et les derniers restaurants à la mode. Son état de connaissances très à la page lui permet d’être une référence de choix parmi les autres femmes expat en quête d’idées pour occuper leurs hôtes de passage et les épâter.

– la Mère Courage : généralement sans activité professionnelle, elle est entièrement dévouée au bien-être de sa progéniture. Elle est toujours au fait de l’actualité scolaire et extra-scolaire, des programmes pédagogiques, des techniques d’apprentissage au sens large. Elle partage son temps entre l’école, les cours de soutien, le piano, la danse, le tennis et la natation (ndlr : liste non-exhaustive). Très préoccupée par ce qui pourrait affecter en bien comme en mal la prunelle de ses yeux, elle est toujours disponible pour prodiguer des conseils d’ordre éducatif et partager son point de vue sur l’encadrement scolaire.

– la Créa-Associative : plus hétérogène, ce groupe a pour dénominateur commun les doigts de fée. La Créative Associative se consacre (au choix ou tout ensemble) au tricot, à la couture, au crochet, au scrapbooking, à l’Ikebana, au serviettage, aux bijoux et à la cuisine. Elle organise régulièrement des ventes privées dans son appartement et reverse les profits générés à des orphelinats. Elle peut même créer sa petite marque de vêtements pour enfants ou de linge de maison et ouvrir sa boutique (et devenir une Ultra Woman).

– la Procrastinatrice : elle se fait un devoir d’être débordée et avoir une bonne raison de remettre à plus tard ses projets d’apprendre le chinois et le crochet/chercher du travail/visiter Pékin/être une mère attentive au bien-être de ses enfants. Pleine de bonne volonté et de bonnes intentions (comme l’enfer),elle aborde chaque rentrée avec une longue to do list avant de se laisser distancier par les aléas temporels.

Merci à Carrie Catture pour son regard éclairant sur cet univers bien mystérieux que celui de l’expatriation. Il va sans dire qu’une MAF affolée ne rentre dans aucune catégorie pas même la dernière et que toute ressemblance avec des femmes expat réelles ne serait que purement fortuite et indépendante de notre volonté.

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