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Paris a son métro et son pass Navigo, Pékin a son Ditie et son Yikatong.

Je dois de bonne grâce accorder au métro de Pékin un avantage indéniable en termes de modernité, mais rien que de très normal à cela, il a le privilège de la jeunesse (même si j’ai été assez surprise d’apprendre que la première ligne datait de 1969!)

Ceci étant, les deux métros, en dépit de leur différence d’âge et de dimensions, réunissent des similitudes troublantes : à Pékin aussi, les couloirs se succèdent, des escaliers arbitraires se présentent çà et là, de suintantes infiltrations dessinent des paysages cotonneux avec les moisissures, des gens font la manche (mais ici ils sont amputés des deux jambes et se déplacent au niveau du sol sur une planche à roulettes), les voyageurs se précipitent dans la rame avant que les autres n’en descendent… (liste non exhaustive).

Bref, tout ceci pour confirmer à qui en douterait que le métro de Pékin est à la portée du tout venant, et même des moins intrépides comme moi. C’est indéniablement un des moyens de transport les plus rapides d’une capitale de plus en plus engorgée en surface

Les stations sont vastes et accueillantes. Petite subtilité chinoise : il convient de passer son sac sur le tapis de la sécurité avant d’accéder au contrôle des titres de transport, un ou plusieurs agents veillent naturellement au bon déroulé de l’opération, comme à celui de la validation du titre de transport.

Ledit titre, par ailleurs, s’achetant aussi bien en machine qu’au guichet, j’ai d’ailleurs une préférence marquée pour ce dernier mode, les machines ayant furieusement tendance à refuser les billets de 1 yuan ou à être en rupture de monnaie, quand les guichetiers encaissent et délivrent plus vite que leur ombre… mais certes, cette tâche requiert un minimum de contact social, d’aucuns préféreront l’atonie de la machine.

Attention, les tickets – au format carte bancaire – doivent se conserver pendant toute la durée du trajet pour la simple et bonne raison qu’il faut les restituer à la poinçonneuse en sortant du métro. Détail amusant : si tu as la prévoyance d’acheter en même temps tes tickets aller et tes tickets retour, et que l’un d’entre eux, hélas, est démagnétisé, il ne pourra être échangé ou remboursé qu’à la seule station où il a été acheté.

Mais pour avoir le sentiment de faire partie de la grande famille pékinoise, rien de tel que de troquer l’achat des tickets à l’unité contre une Yikatong.
Certes, pas d’abonnements possibles avec l’Yikatong, mais elle permet ce que le pass Navigo, à mon grand étonnement, n’a jamais eu la présence d’esprit de proposer : une recharge numéraire débitée à chaque trajet.

Ceci étant, pour plutôt pratique et rapide qu’il soit, le métro n’est pas sans avoir ses limites, liées aux proportions ahurissantes de Pékin : oubliez les stations qui se rallient en 2 minutes à pleine vitesse, ici, les distances sont décuplées, quant aux « plans du quartier », ils existent certes, mais restent très rudimentaires !

Mais que ne donnerait-on pas pour assister à des grandes séances de siestes collectives bien au chaud sur les banquettes, observer une jeune Chinoise apprendre l’italien sur une méthode Assimil en français, voir ses chérubins photographiés par une horde de paparrazzis en Iphones, se faire pousser et bousculer, et apprendre bien rapidement à faire de même sans autre forme de ralerie ?

Plan interactif et autres informations (le métro de Pékin se développe très très vite!) ici:

beijing subway (aussi bleu que le film)
et en anglais dans le texte (et tout à fait différent de la version chinoise, visualisez le lien ! )

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