Si tu vis à Pékin, évite de tomber malade, c’est mieux.

Malheureusement, entre pollution (j’y reviendrai) et virus en roue libre, la bonne volonté ne suffit pas toujours.

La médecine à Pékin est à cinquante vitesses, variable en efficacité et en rapidité selon ta nationalité, la garniture de ton compte en banque, ton réseau d’amis et ton niveau de chinois.

Mais ne t’en fais pas, tu peux être « wealthy » et étranger, cela ne t’empêchera pas d’être mal pris en charge, d’autant plus ai-je même tendance à penser. En revanche, cela te donnera à connaître le modus operandi d’un secteur médical ultra-privatisé (système de « membership », 20% de réduction si tu paies avec une carte American express…), un vrai bonheur.

Je ne me suis pas encore essayée à la médecine traditionnelle chinoise. Non pas que je ne croie pas en ses vertus, loin s’en faut, l’occasion ne s’est tout simplement pas présentée. Mais compte tenu de mon expérience récente en matière de médecine « occidentale » sur place, je serais peut-être bien inspirée d’y réfléchir sérieusement.

A Pékin, outre la légions de petits cabinets médicaux par soi-mêmes estampillés « internationaux », deux structures de taille se partagent la manne le gâteau de la communauté riche et expatriée : Sos International et Beijing United Family Healthcare.

Même accueil impeccable et anglophone, mêmes infrastructures propres et nettes, même quantité de médecins et de spécialistes de toutes langues et toutes nationalités, la seule grosse différence entre SOS et BU tenant au fait que BU est un véritable hôpital pourvu de lits et d’un service de réanimation, ce qui n’est pas le cas du premier.

Voilà pour le tableau général, les délais de prise de rendez-vous sont courts, le temps d’attente très raisonnable, rien à redire de ce côté.

En revanche, il est préférable en cas de symptômes d’avoir déjà une idée très précise du type d’examen à réaliser et des médicaments à se faire prescrire. Si tu décides de consulter sans connaître le mal qui te ronge, dans l’espoir de te voir savamment diagnostiqué, on te dira sans nul doute que tu as attrapé un virus, et que tu seras sur pied sous quelques jours. On ne te prescrira rien, mais on te conseillera de revenir si toutefois ton mal persiste.

Ce sera 675 yuans.

Et voilà comment on peut se retrouver à traîner une pneumonie depuis 3 semaines.

Bien sûr, tous ces bienveillants médecins ne sont pas des charlatans incompétents… L’idée, pour être bien soigné, est de partir du principe que l’on est client, et non pas patient, et donc en droit d’exiger un service en adéquation avec la somme que l’on débourse. C’est évidemment une manière de penser et de fonctionner qui trouble un peu « l’esprit français » nourri à l’assistance publique et au respect de la parole sacrée du savant Docteur… on s’y fait.

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