En bonne Pékinoise en herbe, je pars du principe que la plus anodine des situations dans ce pays que je découvre est une expérience pleine de sel. Cela ne m’empêche d’ailleurs pas de m’en faire une montagne au préalable, et c’est donc avec une bonne dose d’appréhension que j’ai pénétré dans le bureau de poste qui m’est depuis devenu très familier.

J’ai en tout cas pu constater que le choc interculturel ne se situe pas forcément là où on l’imagine…

Mon objectif était d’envoyer un petit paquet en France. Je sentais confusément qu’il n’était pas forcément de bon aloi de présenter mon envoi emballé, scotché et prêt à poster… grand bien m’en prit.

Étape 1 : l’achat du contenant
Si tu envisages d’expédier quoi que ce soit depuis la Chine (y compris une simple carte en 3D), il te faudra opter pour les emballages exclusivement vendus au bureau de poste. A l’entrée d’icelui, dirige-toi vers le comptoir où achèvent de jaunir les exemplaires de démonstration et les cartes postales de saison. Le préposé contrôlera considérera l’article que tu prévoie d’envoyer, et te vendras pour une somme plus que modique l’enveloppe à bulle ou le carton qui emballeront ton cher contenu.


Étape 2 : Le libellé

On te remettra ensuite 3 feuillets identiques – dont tu craindras un temps qu’il faille les remplir successivement à la main avant de redécouvrir les vertus du papier carbone – où tu rempliras consciencieusement les coordonnées de l’expéditeur et du destinataire, en n’omettant pas de décrire contenu et valeur de l’envoi, et de signer le tout…

Étape 3 : l’affranchissement
A ce moment – et à ce moment seulement – il te sera enfin possible de te joindre à la file d’attente qui se presse autour du guichet… Petit conseil d’amie, évite de laisser un espace de plus de 5 cm entre toi et la personne qui te précède, au risque de voir cet espace immédiatement occupé par la personne qui te suit… Une fois ton tour arrivé (toujours sans laisser plus de 5 cm entre toi et l’hygiaphone), le guichetier prendra ton colis et tes déclarations en main, et tu n’auras plus qu’à patienter le temps de quelques saisies informatiques pour régler la somme (en liquide)… Quatre précautions valant mieux qu’une, tu auras une ultime fois à détailler le contenu et la valeur de ton envoi (et n’oublie pas de signer!) sur la déclaration douanière, qui sera apposée sur le colis.

Étape 4 : le snobisme
Muni(e) de ton attestation d’envoi référencée en vert et blanc, tu pourras bientôt considérer avec la plus absolue condescendance les expatriées américaines qui pénètrent ce même lieu en partant du principe que chacun y parle anglais, et s’offusquent d’avoir à dévoiler ce que contient leur paquet cadeau rose bonbon fleuri.

Quant à savoir si et quand le précieux envoi parviendra à son destinataire, cela relève évidemment de la main de Dieu.

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