De Pékin où je vis depuis maintenant six mois, on ne peut pas dire que je connaisse grand chose du circuit touristique.
J’ai toutes les fausses bonnes raisons du monde pour justifier cette méconnaissance, qui ne m’empêche pas pour autant de faire chaque jour mon lot de rencontres et de découvertes interculturelles.

Au bout de six mois déjà, donc, je suis davantage acclimatée, ce dont je me faisais une montagne les premières semaines me paraît bagatelle désormais. Je me souviens, pourtant, comme je n’étais pas fière, ce matin d’août où j’ai pris mon courage à deux mains et mes trois filles sous le bras pour arpenter le marché le plus proche.

Je n’ai pas regretté pourtant, sans doute est-ce même à ce moment précis que j’ai commencé à me sentir vraiment à l’aise ici. Au demeurant, le marché en question est dépourvu de tout charme, les étals s’y succèdent avec une saleté et une puanteur de rigueur… Mais j’ai été fière d’acheter mes premiers fruits, de contempler les pièces de viande sans trop réfléchir à leur état de fraicheur, de faire mes premières rencontres avec les particularités alimentaires locales, comme les haricots verts, manifestement directement récoltés sur l’arbre de Jacques et le Haricot Magique, car mesurant au bas mot une quinzaine de centimètres de long (et au demeurant passablement insipides), ou les pommes de terre au goût sucré étonnant pour les palais non initiés.

Oui, ce jour-là, quand je suis repartie du marché, lestée de mes premiers achats – que je suppose payés bien au-delà de leur valeur « normale », effet laowai oblige -, et non sans avoir fait sensation avec mes trois enfants, je me suis dit avec soulagement que l’aventure chinoise pouvait réellement commencer.

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